"Le conseil d'administration d'Alitalia a délibéré à l'unanimité" et décidé
d'"accepter l'offre d'Air France-KLM et de conclure le dit contrat", a indiqué
Alitalia, au terme d'une réunion, commencée en milieu de matinée samedi et
conclue à 01H25 GMT dimanche. Une décision dont "s'est félicité" Air France-KLM
dans un communiqué.
"Le contrat prévoit, entre autres, le lancement de la part d'Air France-KLM
d'une offerte publique d'échange portant sur 100% des actions d'Alitalia", sur
une base de proposition d'"échanger 160 actions Alitalia possédées contre une
action Air France", est-il indiqué.
Cet échange valorise une action de la compagnie italienne à un peu moins de
10 centimes d'euros, ce qui est très faible par rapport au dernier cours du
titre vendredi qui était de 0,53 euros. Il y a trois mois, au début du lancement
des négociations entre les deux groupes, la presse avait évoqué sans que jamais
Air France-KLM ne le confirme, une offre valorisant une action Alitalia à 35
centimes d'euros. L'action d'Alitalia, en pleine déconfiture financière, a
beaucoup reculé ces derniers mois.
Le nombre de suppressions d'emploi au sein du groupe italien seront
équivalents à "environ 1.600", sur quelque 11.000, souligne le communiqué
d'Alitalia. Air France-KLM ne fait de son côté aucun commentaire sur l'emploi.
Concernant la reprise du pôle AZ Servizi (maintenance, administration, au
total 8.300 salariés), un véritable boulet financier que le président d'Alitalia
Maurizio Prato désirait totale, le communiqué indique sans précisions que la
nouvelle compagnie "rachètera quelques unes des activités actuellement gérées
par Alitalia Servizi". Air France-KLM ne fait aucun commentaire à ce sujet dans
son communiqué.
La compagnie franco-néerlandaise propose également d'acquérir les obligations
convertibles en actions Alitalia émises par la compagnie italienne à la valeur
actuelle de marché soit 0,3145 euro par obligation pour un montant total de 608
millions d'euros.
Air France-KLM s'engage à garantir une augmentation de capital d'un milliard
d'euros lancée dès la clôture de l'offre et ouverte à tous les actionnaires
d'Alitalia. Cette augmentation de capital significative servira prioritairement
à la relance commerciale de la compagnie italienne.
Le conseil d'administration d'Alitalia a également approuvé un nouveau Plan
triennal 2008-2010 qui "prévoit une phase de restructuration et
d'assainissement, suivie d'une phase de relancement et de développement à partir
de 2010 Ã travers le renouvellement de la flotte".
La nouvelle Alitalia "outre son identité italienne, maintiendra ses propres
marque et logo" et continuera "d'avoir un rôle autonome, à l'égal d'Air France
et KLM", est-il indiqué dans le communiqué d'Alitalia.
Lundi, le gouvernement italien de Romano Prodi --qui assure les affaires
courantes après sa démission en janvier-- doit se prononcer sur l'offre d'Air
France-KLM, mais la concrétisation de cette décision devrait revenir au
gouvernement, issu des législatives des 13 et 14 avril.
Si l'offre est approuvée par le gouvernement de M. Prodi lundi, doivent
également donner leur aval les syndicats italiens et Bruxelles qui dispose d'un
délai de deux mois pour faire part de ses observations.
Alitalia est au bord du gouffre financier. Sa trésorerie s'élevait à 282
millions d'euros fin janvier et elle négocie la vente de terrains à l'aéroport
de Rome pour obtenir une bouffée d'oxygène.