CONSOLIDATION DU SECTEUR


Celle-ci, numéro deux du ciel allemand, connaît un rythme d'expansion soutenu. Avec quelque 30 millions de passagers en 2007, elle reste loin derrière Lufthansa et ses 56 millions de voyageurs. Mais sa flotte ne cesse de grossir : elle s'est déjà emparée de ses concurrents DBA et LTU, et prévoit désormais le rachat du voyagiste Condor, une filiale de Thomas Cook.

"Via cette fusion, Lufthansa et TUI poursuivent le mouvement de consolidation du secteur", décrit Klaus-Heiner Röhl, expert des transports aériens à l'Institut d'économie de Cologne (IW). Les deux groupes souhaitent propulser le nouvel ensemble numéro trois du marché en Allemagne et tablent, comme Air Berlin, sur 30 millions de passagers par an.

La marge de manoeuvre des opérateurs étrangers Ryanair et EasyJet risque en outre de se trouver amoindrie après l'émergence de la nouvelle compagnie, qui devrait essentiellement proposer des vols intérieurs. "Avec deux acteurs du côté allemand, il sera plus difficile pour des grandes low-cost comme Ryanair et EasyJet de se développer en Allemagne", prédit Uwe Weinreich de la banque Unicredito.

De plus, le marché intérieur allemand doit faire face à la concurrence importante du rail : même la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn s'inspire de l'affichage publicitaire des compagnies à bas coût pour proposer des trajets à prix cassés entre les grandes villes allemandes.

La répartition des pouvoirs au sein de la future holding n'a pas été précisée. Selon la presse, TUI et Lufthansa détiendraient chacun 40 % des parts. Le reste irait à un troisième investisseur, Albrecht Knauf, actionnaire avec Lufthansa de la compagnie régionale Eurowings.

Si le projet voit le jour, TUIfly réduirait sa flotte pour se concentrer sur des vols touristiques. "Notre capacité sera adaptée aux besoins du tour-opérateur", a détaillé Peter Long, président de TUI Travel, filiale de tourisme de TUI. Une opération tout bénéfice pour le groupe dont l'activité de transporteur aérien a toujours été défaillante contrairement à son activité de voyagiste.

Actuellement numéro trois en Allemagne, TUIfly pèse pour 9 millions d'euros de perte dans le résultat de sa maison mère en 2007. Confronté à des difficultés chroniques pour remplir ses avions, le groupe a déjà annoncé une réduction de sa flotte pour 2008.

Marie de Vergès
Article paru dans l'édition du 31.01.08.